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La mobilisation est forte dans certaines écoles du département. à Montrem, les parents d'élèves ont bloqué l'établissement, hier en fin d'après-midi, pour réclamer une classe supplémentaire à la rentrée prochaine. Photo Jean-Paul Launay

17 | 05 | 2008

éducation - Une cinquantaine de locaux devraient manifester demain à Paris ; un nouveau mouvement est aussi prévu jeudi.

Les Périgourdins toujours mobilisés

Julie Pasquier

U ne cinquantaine de Périgourdins prévoient d'aller manifester à Paris, dimanche, à l'appel de la FSU (Fédération syndicale unitaire). Le bus, affrété par la section locale, devrait partir à 6 heures des allées Tourny.

Car les syndicalistes n'ont pas été refroidis par le discours de Nicolas Sarkozy et les annonces de Xavier Darcos, jeudi soir. Bien au contraire : ils semblent plus motivés que jamais et préparent déjà le nouveau mouvement qui aura lieu jeudi prochain à Périgueux.

« En tant que syndicalistes, nous avons l'habitude de prendre des coups? et de les rendre », affirmait, hier, Jean-Luc Marchive de la FSU.

Une manifestation sera donc organisée jeudi, à 18 heures au départ du palais de justice. Pour les retraites, cette fois-ci. Les salariés du public, comme ceux du privé, sont appelés à se mobiliser, mais pas à faire grève.

Provocation

Le conflit qui divise aujourd'hui, à l'échelle nationale, les syndicats enseignants et le gouvernement, trouve donc un véritable écho dans le département. D'autant plus dans la ville encore récemment dirigée par le ministre de l'éducation, Xavier Darcos.

Jeudi soir, contre toute attente et après la forte mobilisation des professeurs et lycéens - ils étaient près de 2 000 à manifester dans les rues de Périgueux - le ministre et le président ont fait « un vrai coup d'état », selon Jean-Luc Marchive. Nicolas Sarkozy a en effet annoncé un projet de loi, avant l'été, instituant un droit à l'accueil des enfants.

En Dordogne, jeudi, une cinquantaine de communes ont assuré le service minimum d'accueil. Et alors que Xavier Darcos l'avait appliqué en janvier, Michel Moyrand, lui, s'est abstenu. Mais avec le projet de loi, il pourrait bien être obligé de s'y tenir la prochaine fois. Tout comme les enseignants devront se déclarer grévistes 48 heures à l'avance.

Une annonce vécue comme un affront par les syndicalistes périgourdins. Mais pour l'ex-maire de Périgueux, Xavier Darcos, « il y aurait de la provocation à reculer par rapport aux promesses électorales au motif que les gens défilent dans la rue. »

Faride Hamana, président national de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves), qui habite à Coulounieix-Chamiers, s'interroge : « Pourquoi annoncer cela alors que la mobilisation était importante ? Ce n'était pas la réponse appropriée. » Et l'homme de poursuivre : « Le service minimum d'accueil, c'est une manière de se défausser sur les communes, qui vont devoir prendre en charge les conséquences financières du manque de dialogue social. » Or, pour Bernard Lamoureux, le président départemental de la FCPE, « toutes les communes de Dordogne n'ont pas les moyens d'assurer l'accueil et la sécurité des élèves. » Ce qui a fait bondir les syndicats, c'est aussi le fait de se déclarer en grève, 48 heures, à l'avance, « alors que beaucoup de gens ne se décident que le matin même », signale Francis Valade, secrétaire départemental du Snes.

« Se déclarer administrativement en grève, ce n'était pas arrivé depuis la Seconde Guerre mondiale, poursuit Jean-Luc Marchive. Les listes de grévistes avaient alors été interceptées par la Gestapo. »

Autant dire que les syndicats n'ont pas fini de se battre. Faride Hamana conclut d'ailleurs : « Ceux qui n'ont pas aimé mai 68 n'aimeront pas mai 2008. »