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Samuel Galetti et Tedore Zibzibadze avaient réussi à trouver des failles dans la défense valencienne lors du match aller. Demain, les Capistes devront ouvrir de nouvelles brèches pour se mettre rapidement à l'abri. Photos DL - Rémi Philippon
17 | 05 | 2008
Julien Coutenceau
à force de faire des parallèles, on pourrait croire que le CAP est tout droit parti pour réaliser la même saison que l'an passé. Après avoir connu quelques déboires lors de la première phase face aux « petites cylindrées », la formation de Thierry Labrousse a assuré sa qualification directe pour les quarts de finale en gagnant à Lavaur et en restant invaincue au Municipal? Comme la saison passée ! Et comme pour mieux corroborer ce propos, les Capistes ont décroché un nul à l'extérieur lors du quart de finale aller.
Seulement, le score de parité obtenu à Valence d'Agen (20-20) ne ressemble pas à celui arraché sur le plateau de Lannemezan lors de l'exercice précédent. Autant les Capistes s'en étaient tirés à bon compte dans les Pyrénées, autant cette fois-ci, ils ont singulièrement manqué le coche dans le Tarn-et-Garonne. Et ils redoutent désormais de revivre une partie stressante comme l'an passé où il ne s'était imposé que d'un petit point au retour dans des conditions exécrables? Or, d'après les prévisions, la météo ne devrait pas être très clémente dimanche. De là à croire que le CAP ne s'imposera que d'un point, il y a un pas qu'il ne faudrait pas franchir?
Car avec plus de lucidité, de discipline, de rigueur et de finition lors du match aller, le CAP aurait déjà un pied et trois orteils en demi-finale? Et songerait déjà à affronter dans une semaine Colomiers, le grandissime favori de la compétition qui n'a, lui, pas fait de détail à Lannemezan (26-7).
Mettre son jeu en pratique
Avec un zest de réussite au pied, les Périgourdins auraient à coup sûr reçu Valence d'Agen l'esprit tranquille. Au lieu de cela, ils s'apprêtent à livrer un combat âpre et acharné face à un quinze totalement décomplexé et qui n'aura aucune pression sur ses épaules. Les promus valenciens viendront avec l'intention de se payer le scalp du CAP mais une éventuelle élimination à Périgueux n'aurait rien d'infamant pour une équipe qui évoluait encore en Fédérale 2 l'année dernière. « Pour nous, le trophée Jean-Prat, c'était déjà du bonus ! On fait un parcours inespéré vu le groupe qu'on a en possession surtout d'un point de vue quantitatif », s'écrie Philippe Mothe, l'un des co-entraîneurs tarn-et-garonnais.
Le patron du XV bleu ciel sait que sa formation a frôlé la correctionnelle sur sa pelouse et qu'elle devra montrer un autre visage si elle veut résister demain aux Périgourdins. « On a eu des grosses carences défensives et on a pris deux essais sur le côté fermé, ce qui est inexcusable à ce niveau ! On a fait l'un de nos plus mauvais matches sur le plan collectif. On a vraiment donné le bâton pour se faire battre. Si on réitère les mêmes erreurs dimanche, le score ne sera pas de 20-20...»
Dominateurs en mêlée fermée et performants en touche, les Périgourdins devraient s'appuyer sur leur conquête pour poser leur patte sur la rencontre. Et pour éviter de se faire des frayeurs, le CAP cherchera à imposer sa loi dès le coup d'envoi en campant dans le camp visiteur. « On doit respecter ce qui doit être fait pour battre cette équipe, c'est-à-dire mettre des essais, de la rigueur, miser sur la conservation et ne pas rater nos occasions. Bref, le b.a.-ba », coupe Thierry Labrousse.
Le coach périgourdin ne veut plus s'appesantir sur une rencontre aller qui lui reste encore à travers la gorge. Alors, il met ses garçons devant leurs responsabilités. « On a eu une discussion interne et j'espère que tout le monde est conscient du passage à vide qu'on a eu à Valence d'Agen. J'attends maintenant que mes joueurs fassent un quart de finale ! Il faut arrêter de se poser des questions. On connaît notre valeur, il faut la mettre en pratique ».
Atteindre le dernier carré
Dans le camp périgourdin, personne n'envisage la défaite. Déjà parce que le CAP est invaincu à domicile en championnat. Ensuite parce que Périgueux a un statut à défendre. Demi-finaliste l'an passé face à Aurillac, le XV phare du Périgord se doit de jouer jusqu'au bout sa chance pour la montée en Pro D2. Michel Macary, le président capiste, ne dit pas autre chose. « Il faut que l'on soit dans le dernier carré car c'est notre objectif, on a atteint ce stade l'an passé et on ne peut pas se permettre de faire moins bien. Après, le reste, ça appartient aux joueurs? »
En clair, le CAP n'a pas le droit à l'erreur demain sous peine de s'attirer les quolibets de ses voisins. Surtout que tous les regards seront portés sur lui. Ceux des spectateurs d'abord qui devraient répondre présent pour ce rendez-vous d'autant que le club a mis les petits plats dans les grands pour mettre de l'animation au Municipal. Ceux des partenaires ensuite qui digéreraient mal une élimination sans gloire face à un promu. « Il faut honorer nos partenaires par notre rendement », assène d'ailleurs Thierry Labrousse. Enfin, les Capistes, eux-mêmes, auraient dû mal à se regarder dans les yeux s'ils ne parvenaient pas à s'imposer face à un adversaire solidaire mais qui n'est pas un cador de la division.
Autant dire que les Capistes auront beaucoup de pression sur leurs épaules, demain, vers 15 heures, à l'heure de rentrer dans l'arène. Mais au vu de leur potentiel, ils devraient largement prendre le dessus sur leurs adversaires s'ils jouent juste. Et s'offrir une demi-finale de rêve face à Colomiers? à condition de ne pas trop la rêver avant.