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Antwon Hoard, bien aidé par l'activité défensive de Jones-Jennings (à l'arrière plan), avait mis le BBD dans le sens de la marche. Mais le BBD a ensuite déchanté. Photos DL - Rémi Philippon
08 | 02 | 2010
Julien Coutenceau
L 'ours en est tombé à la renverse... Gisant sur le parquet à quelques mètres d'un troupeau lillois bondissant, la mascotte du BBD a manqué de se faire piétiner comme ses favoris qui venaient de rentrer, la tête basse, à la bergerie après une seconde mi-temps cataclysmique (32-55). Des brebis égarées, oui, c'est bien le terme qui convient pour désigner un collectif boulazacois qui s'est totalement délité face à la zone press d'un Lille à qui il avait fait la leçon lors du premier acte.
Vraiment, le BBD a de quoi devenir chèvre ! Car il avait, une fois de plus, le match en main, ainsi que la 8e place à portée de bras... Et au lieu de ça, il s'est réveillé hier avec la gueule de bois et un goût amer dans la bouche puisqu'il se retrouve à deux unités de play-off (trois si on considère le déficit particulier sur les Lillois) qui ne cessent de se dérober dès qu'il s'en approche. « Je ne pense pas que ce soit un tournant, il faut s'accrocher et on verra bien où on se situera en fin de saison », bougonne Sylvain Lautié qui répétait comme pour mieux l'exorciser que le BBD n'avait pas le droit de perdre un tel match.
Le point-average à mi-parcours
Le coach périgourdin a certainement dû se pincer pour le croire. Car à la mi-temps, rien ne pouvait présager d'une telle issue. Le BBD avait littéralement récité son basket. Pour le coup, c'était les Lillois qui devenaient chèvres. Sans solution, ils ne pouvaient que regarder les Boulazacois ajuster leurs combinaisons, alterner entre le registre intérieur (26 points) et extérieur (16 points, dont 4 paniers primés). Il n'y avait rien à faire : Jason Siggers, le meilleur joueur du championnat, était cadenassé et contenu à 6 unités à la pause.
Mieux : les Boulazacois avaient déjà compensé le point-average négatif de l'aller à mi-parcours (47-28, +19 alors qu'ils avaient perdu de 15 points dans le Nord). Johnson et Hoard s'étaient chargés de dégainer de loin pour créer une première différence (12-0, de 12-12 à 24-12 à la 9e) tandis que la route du cercle était bien exploitée et que Craven multipliait les interceptions gagnantes (4 à la pause).
Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes surtout que le BBD en remettait une couche lors du deuxième quart : Jones-Jennings montrait les dents (devenues bicolores avec son protège-dents), Craven surgissait à qui mieux mieux, signant un primé et deux pénétrations, et Hoard distribuait les offrandes après avoir assuré la marque (15 points en 20 minutes).
Une zone press gagnante
Que pouvait-il arriver à ce BBD-là ? À première vue, rien. D'autant que Lille - à l'image de Siggers mis à terre et réduit à faire une faute antisportive sur Gaillou - avait la tête dans le sac et s'acheminait vers un 7e revers de rang quand Aka bousculait le géant Gouez pour le grand écart (51-30). Certes, Petrovic inscrivait sept points de suite (54-39), Stanford scorait deux fois de suite à plus de 6,25 m mais Johnson, puis Andrieux lui répondaient pour conserver un écart très acceptable (60-45, 26e). Non, vraiment, les mines réjouies de la mi-temps ne pouvaient pas s'effacer même si la « zone press » mise en place par l'entraîneur nordiste, Philippe Namyst, commençait à sérieusement ennuyer le cinq périgourdin, au point d'obliger Sylvain Lautié à prendre des temps mort pour corriger le tir.
Après tout, rien de plus normal : Lille jouait son va-tout et avait aussi le point average en tête. Taccoen, puis Siggers qui sortait enfin de sa boîte, recollaient à moins dix (64-54, 28e). En bon capitaine, Andrieux se chargeait alors de les ramener à la réalité avec un primé salvateur. On pensait, à tort, que celui-ci allait tuer dans l'?uf les velléités nordistes surtout que Hoard, décidément à l'aise à l'extérieur, et Johnson y allaient de leur panier et de leur dunk à l'entrée du 4e quart (71-54, 31e).
On était alors très loin de se douter qu'il s'agirait du dernier panier boulazacois avant sept minutes ! Sinon, on n'aurait peut-être pas rigolé de la mésaventure arrivée à Jones-Jennings qui se prenait seul les pieds dans le tapis à la suite d'une belle interception... Car la suite était tout, sauf drôle. Le BBD ne se trouvait plus en attaque, perdant de nombreux ballons, et n'y était plus dans le repli défensif, laissant de véritables boulevards aux Lillois. Sylvain Lautié avait beau miser sur Andrieux au poste 4 pour apporter un peu de dynamisme et de vitesse, rien n'enrayait l'incroyable retour des visiteurs.
Un abominable 22-0
Payton, à trois points et de plus près, puis Siggers, coup sur coup, ramenaient le promu sur les fragiles talons boulazacois (71-65). Le temps mort local n'y changeait rien. L'incroyable allait se produire ! Lille infligeait un terrible 22-0 à un Boulazac sans réaction. « On n'a pas le droit d'encaisser une telle série à domicile », fulminait le technicien d'un BBD au pied d'argile et au mental en porcelaine. Le ressort était cassé. Cissé faisait repasser pour la première fois depuis le début du match son équipe devant les Périgourdins (71-72) et Siggers enfonçait le clou à 3'55 du buzzer (71-76). Craven tentait alors de jouer les pompiers de service mais forçait ses tirs et ne trouvait qu'une fois la mire (76-77 à 1'54), comme Johnson sur ses trois lancers francs. C'était cuit. Payton n'avait plus qu'à parachever la victoire des siens.