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Née à la Libération, héritière de l’Avenir de la Dordogne créé en 1876 par Dominique Joucla dans une imprimerie de labeur, la Dordogne Libre – la DL comme on l’appelle aujourd’hui familièrement - vit au rythme d’une ville, Périgueux, d’un pays et de ses habitants.
A la fin du XIXème siècle, un quotidien domine à Périgueux, c’est l’Avenir de la Dordogne, tiré à 2 000 exemplaires. Le premier numéro date du mercredi 18 octobre 1876. Le directeur de la publication est un imprimeur, Dominique Joucla.
L’Avenir de la Dordogne est un journal d’opinion ancré à gauche, et il se qualifie de «Journal politique quotidien». C’est le premier journal républicain de la Dordogne.
Ces petites publications de province n’ont pas de journalistes professionnels. Les journaux sont composés de communiqués, d’informations nationales glanées ici ou là dans la presse parisienne et de pamphlets politiques souvent virulents.
Les lecteurs se précipitent tous les soirs pour acheter le journal, le seul moyen de connaître ce qui se passe en France et dans le monde.
En 1881, Dominique Joucla ouvre une nouvelle imprimerie plus moderne et dynamique, 19 rue Lafayette. Le journal est désormais « imprimé dans ses murs ». Le titre va poursuivre et augmenter sa diffusion jusqu’à la seconde guerre mondiale. Il tire à 3500 exemplaires en 1938.
En 1944, la fille Joucla, Jeanne Clair, est propriétaire de l’entreprise. Le journal reste une affaire de famille. Le directeur de L’Avenir de la Dordogne est Victor Bousquet.
Tous les journaux sont soumis à la censure du gouvernement de Vichy. Il existe un chef de la censure dans chaque département. Victor Bousquet, comme les autres, doit se soumettre. La presse apparaît alors « vichyste », les grandes lignes d’orientation pour rédiger une information étant dictées par le pouvoir.
En août 1944, les coupures de plus en plus nombreuses et le manque de papier empêchent souvent les journaux de sortir. Le 18 août, L’Avenir de la Dordogne cesse sa parution comme la plupart des journaux, considérés comme « collaborateurs » par la Résistance. Le 19 août, Périgueux est libéré par la 9ème compagnie du bataillon « Violette ». Le Comité Communal de Libération a besoin d’un journal, pour faire passer ses informations, mais pas question de reprendre un titre qui a existé sous le gouvernement de Vichy. Le 2 septembre, le Comité lance « Périgueux Libéré. » L’éditorial, « Au travail », est signé Marcel-Edmond Naegelin, ancien adjoint au maire de Strasbourg, réfugié en Dordogne et résistant.
Le 7 septembre, le journal paraît sous son titre définitif, La Dordogne Libre. L’imprimerie Joucla qui avait baissé le rideau le 18 août, reprend du service.
Le 14 août 1945, la SARL La Dordogne Libre est créée. Elle a pour objet social « l’organisation et le contrôle de la rédaction des informations du journal pour la défense des intérêts moraux des anciens de l’«Armée Secrète ».
Depuis sa création La Dordogne Libre n’avait pas trouvé sa véritable identité. Sa « une » n’avait subi que des petites retouches. En 1953, le bandeau est complètement revu, on y ajoute le dessin de la cathédrale Saint-Front, le format est un peu plus grand. On annonce qu’il est « en vente dans tous les kiosques, bureaux de tabac » et on ajoute qu’il représente la plus forte vente de Périgueux. La Dordogne Libre est désormais le quotidien du soir de la ville. Des rubriques, qui existent encore de nos jours, apparaissent.
Depuis 1983, La Dordogne Libre fait partie du Groupe Sud-Ouest. Le Groupe restructure complètement le journal qui est imprimé sur les rotatives de Charente Libre à Angoulème depuis novembre 1990.
Depuis, le journal des périgourdins n’a cessé de croître, il est devenu le quotidien d’informations locales incontournable de l’agglomération Périgourdine.
Extrait de l’album du cinquantenaire
Claire Delbos
1994